Thursday, June 25, 2026
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La compagnie Créole : 50 ans de bonheur

Cinquante ans de rythmes ensoleillés et de refrains qui font danser des générations entières : la Compagnie Créole souffle cette année un demi-siècle de carrière, sans jamais avoir perdu sa joie de vivre. Devenue légendaire la formation a su transformer la musique festive des Caraïbes en un hymne universel à la bonne humeur et au vivre-ensemble. De scène en scène, des bals populaires aux plateaux télé, ses chansons ont accompagné les moments les plus chaleureux de la vie française. Entre souvenirs partagés, refrains inoubliables et nouvelles créations pleines d’énergie, ce jubilé est l’occasion de mesurer l’ampleur d’un héritage musical aussi fédérateur que solaire. Car la Compagnie Créole, c’est bien plus qu’un groupe : c’est un sourire, un tempo et une invitation permanente à célébrer la vie. Rencontre avec Clémence Bringtown, la seule femme du groupe.

Vous fêtez cette année vos 50 ans de carrière, comment vivez-vous ce moment ?

Je n’aime pas dire que nous fêtons nos 50 ans de carrière. Je dirais plutôt que je partage depuis 50 ans des années de bonheur avec mes fans et mon fidèle public que je remercie et que je remercierai sur scène pendant cette tournée en 2026.

Qui a choisi le nom de la « Compagnie Créole » ?

En 1976, nous avons enregistré l’album « Ba mwen en ti bo », nous cherchions un nom et avec notre ancien producteur, Daniel Vangarde, nous avons opté pour La Compagnie Créole étant originaires Arthur et moi de la Guadeloupe et de la Martinique, les îles sœurs des Antilles.

Quel souvenir marquant gardez-vous de vos premiers concerts ?

Je n’imaginais pas que nous avions un tel succès. Je l’ai découvert lors d’une tournée dans l’océan Indien, le Pacifique, si loin de chez nous. C’était après la sortie de l’album « Blogodo ». C’était de la folie, nous faisions deux spectacles par jour.

Quelle chanson ou quel album a le plus changé votre vie professionnelle ?C’est la chanson « C’est bon pour le moral ». Au départ, elle ne nous inspirait pas du tout, et José et moi, plutôt roots, la trouvions nulle. Nous avons fini par accepter de l’enregistrer après avoir entendu les arguments de Daniel Vangarde. Nous lui avons apporté notre touche en la faisant swinguer, et surprise ! elle a eu le succès qu’on lui connaît. Elle a été programmée sur toutes les radios, dansée dans tous les foyers et nous a valu d’être invités sur toutes les chaînes de télé. Elle fait partie de nos gros succès.

Comment se passe le processus d’écriture et d’arrangement dans le groupe ? Qui compose, qui écrit et comment se prennent les décisions musicales ?Nous sommes tous auteurs-compositeurs. Nous travaillons chacun de notre côté et nous nous retrouvons pour finaliser les titres : trouver les arrangements, les tonalités et voir ensemble les textes. Il en était de même pour les chansons écrites par D Vangarde et Jean Kluger qui sont de gros succès que tout le monde connaît. Nous avons conservé cette méthode et aujourd’hui nous finalisons tout au studio d’Alain Antonelli, mon gendre et notre directeur musical sur scène. J’écris beaucoup, je fais de nombreuses adaptations, car j’ai toujours aimé la poésie. 

Comment intégrez-vous les traditions caribéennes dans votre musique ?

L’intégration des traditions caribéennes dans notre musique se fait naturellement selon le style et le rythme de la chanson. De mon côté, je compose avec des rythmes de calypso, de biguines, de mazurkas et valses créoles, ayant été à la bonne école avec Loulou Boislaville, qui était le père de notre folklore, et aussi avec les célèbres musiciens du groupe, La Vieille Garde, qui m’accompagnaient quand j’interprétais les chansons légendaires de Léona Gabriel, précurseure de la musique antillaise. 

Avez-vous des rituels avant d’entrer en studio ou sur scène ?Avant d’entrer en scène, et en dehors des échauffements de la voix, j’aime être au calme, faire de la respiration profonde et méditer un peu. Je suis déjà dans mon spectacle, j’ai toujours le trac comme au premier jour.

Quelle est la chanson que vous aimez le plus jouer aujourd’hui et pourquoi ?C’est « Santa Maria de Guadaloupe ». J’apprécie son côté spirituel, car je suis croyante, et elle me fait aussi penser à mon père qui aimait tant la mer.

Comment avez-vous géré ces longues années ensemble quand beaucoup de groupes finissent pas se séparer ? Quel est le secret de votre longévité ?

Nous avons toujours tous été animés d’une même passion : la musique. Malgré cela, ça n’a pas été facile pour moi d’intégrer le groupe, mais dès le départ je leur ai fait comprendre que je n’étais la fille de la Compagnie Créole, mais un membre du groupe. Je ne suis pas du genre à...

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